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Marketing du futur

Ces 5 dirigeants qui font leur marketing eux-mêmes avec l’IA (et pourquoi ça ne marche pas)

ChatGPT a tout changé. En tout cas, c'est ce qu'ils pensent. Depuis, ils ont remercié leur agence, viré leur freelance, et brief l'IA comme un stagiaire corvéable. Six mois plus tard, leurs leads ont disparu et leur contenu ressemble à tout le monde. Portrait sans pitié — mais avec élégance — de cinq profils qu'on croise chaque semaine.

Il y a un moment précis où tout a basculé. Quelque part entre fin 2023 et début 2024, une certitude s’est répandue dans les COMEX, les open spaces et les calls Zoom de dirigeants français : l’IA allait tout régler. Le contenu, les posts LinkedIn, les pages de vente, les newsletters, les fiches produits. Tout.

ChatGPT était là. Gratuit. Disponible. Infatigable. Pourquoi payer une agence ?

C’est une question légitime. Et la réponse est dans les cinq portraits qui suivent.


Portrait 1, Le Visionnaire Autonome

« On n’a plus besoin d’agence. L’IA fait ça en trente secondes. »

Le Visionnaire Autonome a découvert ChatGPT en novembre 2023 lors d’un dîner de dirigeants. Il en a parlé à son équipe le lundi matin avec l’enthousiasme de quelqu’un qui vient d’inventer le feu. Dès la semaine suivante, il avait résilié le contrat de son agence brand content, « trop cher pour ce que c’est », et briefé son assistante pour « gérer le contenu avec l’IA ».

Le brief était simple : « Demande-lui d’écrire des articles sur notre secteur. Deux par semaine. SEO-friendly. »

Six mois plus tard, le blog de l’entreprise compte vingt-quatre articles. Ils sont propres, bien structurés, sans faute d’orthographe. Ils commencent tous par « Dans un monde où… » et se terminent par « En conclusion, il apparaît que… ». Ils pourraient avoir été écrits par n’importe qui, pour n’importe quelle entreprise, dans n’importe quel secteur.

Le trafic organique a légèrement augmenté. Les leads, eux, ont disparu.

Ce que le Visionnaire Autonome n’a pas compris : l’IA produit du contenu moyen à la vitesse de la lumière. Le contenu moyen, ça n’intéresse personne. Ce qui intéresse les prospects, c’est un point de vue, une voix, une conviction. Des choses que vous ne pouvez pas déléguer à une machine sans lui avoir d’abord expliqué qui vous êtes, ce qui prend, ironiquement, autant de temps que d’écrire l’article vous-même.


Portrait 2, La CMO qui a tout optimisé

« J’ai un prompt pour chaque type de contenu. C’est très efficace. »

La CMO qui a tout optimisé est organisée. Elle a un fichier Notion avec quarante-sept prompts classés par catégorie : posts LinkedIn, articles de blog, newsletters, pages de vente, réponses aux avis clients. Chaque prompt est soigneusement rédigé. Certains font deux pages.

Elle produit du contenu tous les jours. Deux posts LinkedIn par semaine, un article par mois, une newsletter toutes les deux semaines. Elle a mis en place un vrai calendrier éditorial. Elle utilise les bons mots-clés. Elle A/B teste ses objets d’email.

Le problème : tout le monde fait pareil. Ses concurrents ont les mêmes prompts, ou des prompts très similaires. Le marché est inondé d’un contenu qui se ressemble, qui utilise les mêmes structures, les mêmes transitions, les mêmes formulations. Le fameux « Dans le paysage actuel du marketing digital en constante évolution… »

Ce que la CMO qui a tout optimisé n’a pas compris : l’efficacité n’est pas une stratégie. Produire beaucoup de contenu médiocre plus vite que tout le monde n’est pas un avantage compétitif, c’est une façon accélérée de noyer votre marque dans le bruit ambiant.

L’IA est un outil de production. La stratégie, le positionnement, la voix de marque, l’angle différenciateur, ça, ça ne s’optimise pas avec un prompt.


Portrait 3, Le Fondateur Copywriter du dimanche

« J’ai passé trois heures sur ChatGPT hier soir. J’ai écrit toute ma page de vente. »

Le Fondateur Copywriter du dimanche connaît son produit mieux que personne. Il l’a créé, il l’a vendu, il en parle avec une passion communicative en rendez-vous commercial. Son taux de closing en one-to-one est excellent.

Alors quand il a décidé de refaire sa page de vente « avec l’IA », il était confiant. Il a passé une soirée entière à peaufiner ses prompts, à itérer sur les formulations, à demander à ChatGPT de « rendre ça plus percutant », de « cibler les PME », d' »adopter un ton professionnel mais accessible ».

Le résultat est une page propre, structurée, lisible. Avec une proposition de valeur générique, des bénéfices interchangeables avec ceux de ses dix concurrents directs, et un CTA passe-partout. La page parle à tout le monde, ce qui signifie qu’elle ne parle vraiment à personne.

Ce que le Fondateur Copywriter du dimanche n’a pas compris : le copywriting de conversion ne consiste pas à bien écrire. Il consiste à identifier le niveau de conscience exact de votre prospect, l’objection précise qui lui traverse l’esprit à chaque ligne, et la promesse spécifique qui va faire pencher la balance. C’est une discipline qui s’apprend et qui s’immerce. L’IA n’a pas passé de temps avec vos clients. Vous, peut-être pas non plus depuis que vous êtes fondateur.

Vous vous êtes reconnu dans un de ces portraits ? C'est déjà un bon signe. Le deuxième bon signe, c'est de faire auditer votre message avant qu'il soit trop tard. Audit Copywriting gratuit — analysez votre message actuel


Portrait 4, Le Directeur Marketing qui délègue l’IA à un junior

« J’ai demandé à Thomas de s’en occuper. Il est digital native, il gère ça très bien. »

Thomas a vingt-trois ans. Il est effectivement à l’aise avec l’IA, il l’utilise pour tout, y compris rédiger ses emails. Le Directeur Marketing lui a confié la stratégie de contenu de l’entreprise avec une consigne simple : « Utilise ChatGPT, ça ira plus vite. »

Thomas produit. Beaucoup. Vite. Il poste sur LinkedIn trois fois par semaine, publie des articles, génère des visuels. Il est enthousiaste.

Le problème : Thomas ne connaît pas les clients. Il n’a jamais fait un entretien de découverte. Il ne sait pas ce qui empêche un directeur achat de signer un bon de commande. Il ne connaît pas les vrais arguments qui ont fermé les cinq derniers deals. Il brief l’IA avec ce qu’il pense que les clients veulent entendre, c’est-à-dire des généralités.

Le contenu produit est techniquement correct. Il est aussi totalement déconnecté des vrais enjeux des prospects.

Ce que le Directeur Marketing n’a pas compris : l’IA amplifie ce qu’on lui donne. Si l’input est superficiel, l’output est superficiel, mais en plus propre et en plus rapide, ce qui donne l’illusion que tout va bien. Le problème ne se voit pas immédiatement. Il se voit dans les chiffres, trois mois plus tard.


Portrait 5, Le Serial Prompter

« Tu as vu ce prompt sur Reddit ? Il paraît que ça donne des résultats dingues. »

Le Serial Prompter est le plus dangereux du groupe parce qu’il est convaincu de faire quelque chose de sophistiqué. Il suit tous les comptes LinkedIn spécialisés en « prompt engineering ». Il a une bibliothèque de prompts organisée par usage. Il teste les nouveaux modèles dès leur sortie. Il peut vous expliquer la différence entre GPT-4o et Claude Sonnet pendant vingt minutes.

Ce qu’il ne peut pas vous expliquer : pourquoi son taux de conversion stagne depuis huit mois.

Le Serial Prompter confond la maîtrise de l’outil avec la maîtrise du sujet. Un prompt très sophistiqué appliqué à une stratégie de contenu bancale produit du contenu bancal très sophistiqué. L’outil n’est pas le problème. La réflexion stratégique en amont, le positionnement, l’angle, la cible, le niveau de conscience, c’est ce qui manque.

Ce que le Serial Prompter n’a pas compris : il n’y a pas de prompt qui remplace la compréhension profonde de votre marché. L’immersion ne se délègue pas. La connaissance de vos clients ne s’automatise pas. Ce sont ces éléments qui alimentent l’IA pour en sortir quelque chose de vraiment différenciant, pas les paramètres du prompt.


Ce que ces cinq portraits ont en commun

Ils utilisent tous l’IA. Aucun d’eux ne fait du mauvais travail au sens technique du terme. Et pourtant, leurs résultats sont décevants.

La raison est toujours la même : ils ont délégué à l’IA ce que l’IA ne peut pas faire à leur place.

L’IA peut produire. Elle ne peut pas penser à votre place la stratégie, le positionnement et l’angle. Elle peut formuler. Elle ne peut pas ressentir ce que ressent votre prospect au moment où il arrive sur votre site. Elle peut optimiser. Elle ne peut pas décider ce qui vaut la peine d’être optimisé.

Ce travail en amont, l’immersion, la stratégie, l’angle, c’est exactement ce qu’on fait chez Big Neurons avant de produire la moindre ligne. Pas parce qu’on refuse l’IA. On l’utilise, et on la maîtrise. Mais on sait aussi ce qu’elle ne remplace pas.


Note de bas d’article, pour les Serial prompters qui liront jusqu’ici :

Non, cet article n’a pas été entièrement écrit par une IA. Et si vous vous demandez comment vous en assurer, c’est précisément le sujet.

Ce que vous devriez faire à la place :
GEO : la vraie stratégie IA pour votre visibilité
Pourquoi le brand content reste irremplaçable
Big Flux : une équipe créative pour remplacer votre stack IA bricolée
Ce que fait vraiment une agence brand content

Vous avez lu jusqu'ici, c'est que vous avez un vrai sujet. Pas la peine de tourner autour.

Big Brief
Timothée Martella

Timothée Martella

Timothée Martella — Fondateur de Big Neurons, agence brand content & acquisition pour PME et ETI. Ancien membre de comités de direction, il a fondé Big Neurons avec une conviction : la créativité ne vaut que si elle vend. Retrouvez-moi sur LinkedIn